♫ Même si si regard est videSi sa peau ses gestes son froids,Son coeur bat... ♫

♫ Même si si regard est videSi sa peau ses gestes son froids,Son coeur bat... ♫
Je regrette cette époque où je flottais dans mes jeans, où mon corps était constamment froid, où je me levais avec le tourni, où je ne dormais pas la nuit...
Je regrette cette époque où je me sentais légère, où je trouvais un moyen de satisfaction personnelle...

Mais c'est fini. J'ai été hospitalisée une fois. Trois mois. J'ai rechuté... à mon plus grand bonheur ? Je crois que cela m'avait fait plaisir de perdre cette accumulation de kilos que je jugeais inutile. De manger devant mes parents, faire croire que tout allait bien, et le recracher aussi sec que je l'avais avalé. J'ai tenu un mois. Je perdais du poids, cela me rassurais.

Deuxième hospitalisation. J'y suis toujours... Mon poids de sortie est beaucoup plus élevé. Je hais mon nouveau corps. Je hais cette boulette que je suis devenue. J'envoie balader les médecins qui me disent que je serai mince quand je sortirai, alors que lorsque je demande autour de moi, on me dit déjà que je suis normale. Normale, donc, quand j'aurai pris mes 2 kilos 500g nécessaires à ma sortie, je serai quoi... Grosse ? Oui, car je le suis déjà...

J'emmerde ce monde où ils ne nous est pas permis de faire ce que l'on souhaite, de faire ce qui nous rend heureux. Il faut toujours qu'il y ait un obstacle qui nous freine.


JE VEUX DANSER...

# Posté le vendredi 14 novembre 2008 13:23

Modifié le vendredi 14 novembre 2008 13:45

♫ Ficelle ♫

Il existe une fille qui n'a plus goût à la vie.
Ce petit bout de fil à parait-il perdu l'appétit.
On l'appelle Ficelle, celle au ventre noué.
Celle qui flotte dans ses jeans et qui n'aura jamais de bouée.
Elle pourrait être mannequin avec ses airs d'Arlequin
Mais elle n'a pas la force, car au dîner la sombre idiote
Ne mange qu'une feuille de salade au fond d'un ramequin.
Elle a les bras si fins, quand elle te serre elle te ligote.
D'ailleurs tous les garçons s'enfuient comme des lâches
Mais Ficelle sait qu'elle casse si elle s'attache
Et ça l'arrange même assez car la jeune fille est lassée
Que tous aient peur de l'enlacer.

Ficelle, ses mains sont liées comme celles d'un forçat
Qui fixe le calendrier.
Grain par grain, le sablier
Effrite son corps pour le plier
Mais qu'elle adore ça:
Etre légère dans ses souliers, ne plus sentir son estomac !
Elle fait des n½uds pour oublier qu'elle a tendance à
Ne pas être dans son assiette et n'a pas besoin de cuisinier.
Je suis pas venu pour la bavette. N'y pense pas !
C'est moi qui invite, mets toi à table et bouffe la vie fillette !

Elle est frêle et plate, presque insensible, elle effraie les blattes
Et son ombre qui lézarde les murs est si mince qu'elle effraie le plâtre.
Elle est comme ceux de son âge.
Elle veut être invisible
Car elle se sent dans la marge, une rature en patte de mouche toute illisible
Personne ne la voit pourtant elle est si fine et subtile,
Alors pour disparaître elle va de crises de larmes en salles de gym.
Y'a rien de mauvais pour la santé dans la mode et le futile
Sauf quand c'est le c½ur qui est au régime.

Ficelle, ses mains sont liées comme celles d'un forçat
Qui fixe le calendrier.
Grain par grain, le sablier
Effrite son corps pour le plier
Mais qu'elle adore ça:
Etre légère dans ses souliers, ne plus sentir son estomac !
Elle fait des n½uds pour oublier qu'elle a tendance à
Ne pas être dans son assiette et n'a pas besoin de cuisiner.
Je suis pas venu pour la bavette. N'y pense pas !
C'est moi qui invite, mets toi à table et bouffe la vie fillette !

Personne ne la regarde vraiment car personne ne la voit
Quand elle tente de communiquer, tous s'interrogent :
« Mais d'où vient celle voix !? Etrange, aigre, douce.
Peut-on être aussi maigre, sans être aigri ? Plus chétive elle se désintègre ! »
Ce n'est peut être pas non plus complètement un choix
On rejette quelquefois ce qu'on ne digère pas.
Et l'existence entière peut paraître avariée
Quand le menu qu'elle nous propose n'est pas assez varié.
Pas assez riche, trop peu léger et pas assez de calories
Faut faire chauffer la machine et c'est de sourires dont elle se nourrit.
Ficelle, tu veux vibrer mais tu te sens lourde, te fais pas de bile:
Dis toi que la vie ne tient qu'à un fil.


Ficelle, ses mains sont liées comme celles d'un forçat
Qui fixe le calendrier.
Grain par grain, le sablier
Effrite son corps pour le plier
Mais qu'elle adore ça:
Etre légère dans ses souliers, ne plus sentir son estomac !
Elle fait des n½uds pour oublier qu'elle a tendance à
Ne pas être dans son assiette et n'a pas besoin de cuisiner.
Je suis pas venu pour la bavette. N'y pense pas !
C'est moi qui invite, mets toi à table et bouffe la vie fillette !

Et bouffe la vie fillette !
Et bouffe la vie fillette !
Et bouffe la vie fillette !



© Syrano - Musiques de Chambre

# Posté le samedi 15 novembre 2008 05:48

Si vous saviez comme je vous admire,Mais savez-vous seulement combien vous m'avez blessé ?

Si vous saviez comme je vous admire,Mais savez-vous seulement combien vous m'avez blessé ?




" Tu es sûre que tu manges bien, Amandine ? "

" Ca ne va plus du tout, tu perds du muscle. "

" Tu as l'air fatiguée quand tu Danses. "

" Tu ne Danses pas: il n'y a pas d'émotions. "

" Je ne retrouve plus la petite Amandine avec son regard pétillant. "

" Si tu maigris encore, je ne t'acceptes plus au cours. "

" Amandine, tu as beaucoup maigris ces temps-ci, on s'inquiète. Ne tombe pas dans l'anorexie. "







Mais tout ça, c'est fini...
Putain, j'suis si désolée,
Je Vous Admire tellement...

# Posté le mercredi 19 novembre 2008 09:41

Modifié le vendredi 21 novembre 2008 14:01

Anecdote de l'hôpital-A l'expression corporelle

Il fallait improviser ce jour-là. Sauf qu'on n'a pas le droit de faire du Classique. Non. C'est trop règlementé soit-disant. Il y a trop de limites. On ne peut pas se laisser aller complètement parait-il...
Mais le magnétophone a commencé à lire la musique. J'étais plus que désemparée, je ne savais pas quoi faire. J'esquisse quelques mouvements, je cours, je lance ma jambe. Je me sens lourde, mon regard ne peut s'empêcher de jeter un coup d'oeil dans le miroir. Je me vois, mais ne me trouve pas. Et pourtant, c'est bien moi, cette chose énorme, se bougeant en musique.
Furtivement, mon regard se détourne vers une amie. Elle n'a même pas remarqué que je me suis arrêtée une fraction de seconde, horrifiée par ma propre image. Non, elle Danse, se laisse aller. Même si je n'aime pas la Danse contemporaine, je trouve que ça lui colle bien.
Alors, je me perds dans un trop-plein de pensées qui devient un grand vide. Je titube vers la barre.

" Mais vas-y, Amandine ! "

Cette voix me ramène à la réalité. Je secoue négativement la tête. Un sourire se dessine sur mes lèvres. Toujours tout cacher. Faire mine que tout va bien. Elle a essayé de me forcer. Je n'ai pas voulu. Pour une fois, j'ai su dire non. Et j'ai senti les larmes monter à mes yeux. Toujours souriante. Mes lèvres bougeaient. Je ne dois pas pleurer, c'est mal, c'est faible de ma part. Mais elle le remarque, elle s'approche de moi, me demande ce qui ne va pas.


" Nan, ça va. "

Ma gorge se serre, mes lèvres se pincent pour retenir mes sanglots. Elle s'asseoit. Je fais de même, bien que je n'en ai pas envie. Elle insiste, me glisse à l'oreille cette question me demandant ce qui ne va pas.
Un dernier regard à mon amie, toujours en train de Danser, de s'approprier l'espace de la salle. Et, la tête enfouie dans les genoux, je me mets à pleurer. Elle me serre dans ses bras et, doucement me dit que je peux lui raconter ce qui me dérange, qu'elle ne le répètera à personne.

" J'ai l'impression que je ne sais plus Danser. "
Anecdote de l'hôpital-A l'expression corporelle

# Posté le samedi 22 novembre 2008 10:28

Modifié le samedi 22 novembre 2008 11:51

Le moral est bon...Ou du moins, juste pour ce matin

Le moral est bon...Ou du moins, juste pour ce matin
J'ai Dansé ce matin. Malgré l'interdiction des médecins. Un jean, une queue de cheval. J'ai installé la barre dans ma chambre. J'ai mis la musique. Et j'ai Dansé. Après 9 mois d'arrêt. Enfin... C'était si bon, je me sentais si bien... Oui, je suis en permission chez moi pour ce week-end.

Mercredi 3 Décembre... Je vais voir Raymonda avec une amie à l'Opéra Garnier. Je vais voir Dorothée Gilbert dans le Rôle-titre... Punaise, qu'est-ce que je l'admire, cette Danseuse... Je ne devrais pas pleurer. Mais comment, alors que mon rêve de petite fille est de ne pas être assise dans un fauteuil à regarder, mais d'être là-bas, sur scène ?


Mais c'est si beau, la magie de la Danse...

# Posté le samedi 29 novembre 2008 08:59